RdC: Le bien commun (2/2)

20 Février 2014 , Rédigé par Abraham Itimberi-Aketi Publié dans #Carte blanche à

Qui décide et détermine de ce qui est commun à tous ?

La RdC est aujourd’hui mise à l’épreuve, comme elle ne l’a jamais été auparavant : épreuve de la violence, épreuve de la paupérisation, épreuve de la mainmise des puissances étrangères sur nos richesses et sur nos institutions, épreuve de l’humiliation, épreuve de la trahison de certains de nos concitoyens. Avec une jeunesse désorientée et sans avenir d’une part, des adultes résignés d’autre part, comment alors faire émerger l’idée de Bien commun ?

Faute de leaders charismatiques et d’organisations bien structurées capables de tracer la voie, ce sont des « biens communs » privés qui l’emportent sur le Bien commun. Faudrait-il aujourd’hui désespérer de notre patrie ?

La question est posée à chacun. Comment faire le choix de ce qui est bien pour notre pays et pour nous Congolais ? Qui doit décider de ce qui nous est commun ?

La RdC, monde commun ou bien commun ?

Le monde commun est celui qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant. Il était là avant nous et il sera là après nous. Il est ce que nous avons en commun avec nos ascendants et nos descendants. Ce monde-là nous a donné une identité, une terre, une culture ; la somme de ces choses qui font que nous sommes Congolais. Un legs théoriquement inestimable et inaliénable.

Mais qu’en avons-nous fait ? La façon dont un peuple détermine son Bien commun dépend de choix faits à travers son histoire. Ce choix ne peut être ni neutre, ni anonyme, il doit être lisible par tous et doit être une exigence permanente pour l’intérêt de tous.

De la crise à ….l’égoïsme

Le Bien commun peut-il tenir face à nos égoïsmes ? La crise révèle le besoin que nous avons de l’autre, besoin qui ne repose pas seulement sur des biens matériels mais surtout sur une ouverture aux autres. La crise nous rappelle ce que disait Jean-Jacques Rousseau : « se soucier des autres est ce qui nous rend pleinement humains. » Près de trois décennies de guerre avec son lot de souffrances pour les Congolais, devraient créer des nouvelles formes de solidarité qui permettent à un peule de renforcer une identité commune, de survivre aux agressions, de mettre en place une cohésion inébranlable. Des nations deviennent fortes quand elles sont capables de résilience.

Malheureusement, nos souffrances, au lieu de devenir un socle commun de résistance, sont en train de disloquer notre Bien commun en faisant naître un individualisme générateur des égoïsmes. « Chacun pour soi et Dieu pour tous », telle est la devise de ceux des nôtres qui travaillent inlassablement à la proscription du Bien commun. Ils défendent le chaos organisé au Congo depuis 1960 et qui maintenant a pris une dimension gigantesque. Le Noir n’a probablement pas droit au « Bien commun ».

Devant la montée en puissance de ce désordre et de sa capacité à détruire les individus, le tissu social et l’environnement, la résignation doit être impossible. Il nous est tout simplement interdit de mourir.

L’intérêt général

Notre but est de provoquer les Congolais et de nous faire réfléchir. Les difficultés stimulent l’esprit et elles sont là pour nous amener à nous surpasser. Nous sommes en face des Goliath, et ils sont légion : ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur. Il s’agit pour nous de relever un défi qui nous semble humainement insurmontable.

Ici est le grand tournant. Il s’agit d’amener chacun d’entre nous à renoncer à son égoïsme, à comprendre que nos intérêts privés ne survivront que si nous sommes capables de mettre en place un mécanisme de sécurité collective. Le Congo appartient à tous les Congolais, il nous faut repenser son organisation par et pour les Congolais. Cela passera par le renoncement à soi pour aller vers la mise en place de ce Bien commun qui permet aux individus d’être libres, de s’épanouir.

Que de sacrifices il nous faudra faire pour y arriver.

Du même auteur:

    * Odysée d'un billet de cent dollars ou l'image du Congolais égaré.

    * Je me souviens.

    * Responsable mais pas coupable.

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