Le 2 juillet vs Fikin

19 Juillet 2013 , Rédigé par Zamba Synkin Publié dans #En ce temps-là

Pour rappel, lors de notre dernière escapade, nous avons fait une halte à la commune de Kintambo, voisine de celle de Bandalungwa, pour nous désaltérer au pied d’un cocotier repéré au gré du hasard.

LEMBA.jpg           

                            Source Wikipédia

Maintenant, je vous propose de mettre le cap vers la commune de Lemba pour aller voir le célèbre batteur de Lemba Fikin. Batteur de tam tam, Kinshasa (Fikin, 1975)

KIN_BATTEUR.jpg                  

Pour ce faire, nous allons prendre un premier « bus » jusqu’à Victoire (commune de Kalamu), de là, nous en prendrons un deuxième qui nous conduira jusqu’à Lemba Fikin. C’est la formule la plus économique je connaisse. Et nous y voilà. Je vous laisse admirer ce batteur que j’ai vu pour la première fois le 3 juillet 1970, alors que j'étais écolier. Je me rappelle cette date comme si c’était hier. Et comment est-ce possible, vous demandez-vous ?

Eh bien, tous mes camarades et moi-même ne pouvons oublier cette date pour la simple et bonne raison que dans les années soixante dix, tous les établissements scolaires du Congo fermaient leurs portes le 2 juillet, après un événement solennel plein de suspens qu'on appelait alors la proclamation (des résultats) et qui se déroulait à ciel ouvert et en public le 2 juillet, aussittôt après le repas de fin d'année scolaire que chaque classe organisait.

Comme vous vous en doutez, il s'en suivait, pour les uns, l'assurance de passer en classe supérieure et donc le début des grandes vacances, et pour les autres, les pleurs.

KIN-FOIRE.jpg                                        Fikin, commune de Lemba (1978)

Nous commencions toujours ces grandes vacances par la visite de la Foire en famille et entre copains pour bien marquer le coup, nous chantions alors à tue tête Le 2 juillet vs la Fikin (le 2 juillet biso tembé na Foire).

Couplet 1

              Le 02 juillet biso tembé na Foire (x2)

              Maman, maman na lingi ko bala

              Somba voileeeeeeeee

              Na lingi kobala, somba voile

              Le 02 juillet biso tembé na Foire (réfrain)

Couplet 2

              Maman, maman na lingi ko kula

              Somba voileeeeeeeee

              Na lingi ko kula, somba voile1.

              Refrain (x2)

Après ce rituel familial, c'était le temps de l'insouciance; le temps des copains, de l'aventure, des promenades dans les forêts communales. C'était le temps des tournois des billes et de foot inter-quartiers. C'était aussi le temps des colonies de vacances pour les familles aisées ou des activités dites des vacances pour d'autres.

Qu'en est-il trois décennies après ? Plus rien. En effet, tout s'est volatisé dans la nature. De toutes ces activités, les Congolais de 50 ans n'en gardent que des vagues souvenirs et la plupart de moins de 20 ans n'en ont jamais entendu parler. Pour ma part, je suis retourné à Lemba Fikin, il y a 4 ans, retrouver la Fikin et le célèbre batteur de tam-tam. Tout était sens dessus dessous. Il n'y avait plus rien. Le choc était on ne peut plus rude. Les photos que je vous mets ci-dessous parlent d'elles-mêmes!

 le_batteur1a.jpg            Batteur de tam-tam (Entrée de la Fikin). Photo Ressources du Congo (2009)

LE-BATTEUR3a.jpg                 Batteur de tam-tam (Entrée de la Fikin). Photo Ressources du Congo (2009)

 

     LE-BATTEUR4a.jpg                   Batteur de tam-tam (Entrée de la Fikin). Photo Ressources du Congo (2009)

LE-BATTEUR6a.jpg                     Batteur de tam-tam (Entrée de la Fikin). Photo Ressources du Congo (2009)

Que pourrai-je vous dire de plus ?

barrerdc

1. Merci à Mère Jeannette grâce à qui on a retrouvé les paroles de cette chanson.

Partager cet article

Commenter cet article