Odyssée d'un billet de cent dollars ou l'image du Congolais égaré #2/3

21 Mai 2017 , Rédigé par Abraham Itimbiri-Aketi Publié dans #Focus sur le mal Congolais, #Carte blanche à

(Archives)

Odysée d'un billet de 100 dollarsActe 3 : quand un aveugle conduit un autre aveugle, ils finissent dans le trou

Le billet de cent dollars ne va pas dans les caisses de l’école, monsieur le préfet des études (proviseur) l’oublie tout simplement dans sa poche. Il quitte son établissement le sourire aux lèvres. Au pays de Simon Kimbangu on peut en faire des choses, avec cent dollars. Une fois à la maison, une personne l’attend avec à la main, une sacoche qu’il serre très fort.

Le contenu doit être très important. Bonjour, dit le directeur d’école à ce visiteur qu’il n’attendait pas visiblement. Je viens pour le problème de passeport de votre fils. J’ai réussi à tout faire en trois jours, il pourra voyager pour la Belgique le plus rapidement possible, seulement il faut me donner …..cent dollars. C’est vrai, au pays de Lumumba, les enseignants comme les autres fonctionnaires sont très mal payés et souvent même ….pas du tout payés.

Notre fonctionnaire des affaires étrangères doit recevoir des invités chez lui, c’est le jour de la dot de sa fille. La coutume veut que l’on prépare un festin pour recevoir l’autre famille. Le billet de cent dollars va permettre la réussite de cet événement. La commerçante du coin a fait une bonne affaire car elle a vendu à notre fonctionnaire pour cent dollars de marchandises. Elle est contente et ça se comprend.

Acte 4 : quand le serpent se mord la queue

On se souvient de la commerçante qui travaille dur pour gagner sa vie et nourrir sa famille. Elle importe des marchandises et se rend pour cela à l’aéroport de N’djili pour récupérer sa dernière commande qui vient de l’étranger. Ici, il faut carrément « traiter » avec les douaniers pour ne pas risquer de perdre ses colis. Le chef de service la prend à l’écart et lui demande ….cent dollars pour accélérer son dossier. Mais qui donc est ce chef de service ?

Rappelez-vous ce flambeur à la Mercedes que la patrouille avait délesté de son argent. Il lui suffit de recevoir dix commerçantes pour récupérer ses mille dollars. Telle est l’odyssée d’un billet de cent dollars à Kinshasa. C’est le récit de l’égarement d’une nation, d’un peuple.

Lire la suite : Épilogue

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