Mohamed Ali, "le boxeur poète" s'en est allé dans les étoiles

4 Juin 2016 , Rédigé par Zamba Synkin Publié dans #Echos de la vie quotidienne Congo & Diaspora

Mohamed Ali, "le boxeur poète"
Mohamed Ali, "le boxeur poète"

L'ancien poids lourd, "boxeur poète", natif de Louisville (Kentucky), a poussé son dernier souffle dans la nuit de vendredi à samedi, à Phoenix, en Arizona. En effet, il a été emporté à 74 ans par la maladie de Parkinson contre laquelle il luttait depuis 1984.

Pour être honnête, avant The Rumble in the Jungle (combat dans la jungle), je ne connaissais absolument rien à la boxe ni des États-Unis. Mes copains d'enfance, non plus. Mais, un miracle s'est produit.Je ne sais plus par quelle magie !

Flash back. Peu de temps avant le fameux 30 octobre 1974, nous étions tous devenus, du jour au lendemain, spécialistes de la boxe et étions devenus incollables sur Don King, le fantasque promoteur professionnel de boxe, à la tignasse blanche.

Des rumeurs bruissaient à Kin la Belle selon lesquelles Ali avait promis, de danser, de "voler comme un papillon" lors de ce combat dit du siècle. Alors là, pour rien au monde, on allait louper ce combat. C'était encore l'époque de la télé en noir et blanc et ce combat était programmé à 4 heures du matin pour permettre aux États-Uniens de le suivre vers 10 heures. Il fallait le feu vert des parents pour "veiller" et aller suivre la télé, chez des voisins, dans le quartier.

Nous avions tous pris fait et cause pour Ali, né Casuis Clay, notre cousin d'Amérique. C'était le plus beau, le plus fort. Son jeu de jambes, à nul autre pareil, s'apparentait à une chorégraphie d'une danse traditionnelle de chez nous. Il n'y avait que, ce provocateur hors pair, doté, au demeurant, d'un sens de reparti aussi déstabilisant qu'une piqûre d'abeille, qui trouvait grâce à nos yeux. Qui plus est,il avait eu l'idée géniale de faire son footing dans les rues de Kinshasa au plus grand bonheur de ceux qui avaient la chance de le croiser.

En revanche, nous détestions presque tous George Foreman, alors champion du monde en titre, que nous trouvions introverti et distant. Comme si cela ne suffisait pas, des rumeurs lui prêtaient une liaison avec une célèbre chanteuse kinoise d'alors. D'où cette rengaine, virulente et sans détours, que scandaient les 100 00 spectateurs du stade Tata Raphael : "Ali boma yé ! Ali boma yé!" (Ali tue-le! Ali, tue-le !)

Bref, nos prières étaient exaucées au 8e round. Et Ali était remonté sur le toit du monde de la boxe. Aucun boxeur au monde ne peut oser se prévaloir d'une telle aura. Le voilà désormais à jamais dans les étoiles. Que la terre, comme on dit, lui soit légère.

      L'interview de George Foreman

      Ali lors d'un entrainement à Kinshasa

                       The rumble in the jungle: Ali vs Foreman (Zaïre, 30 octobre 1974)

      Ali et l'acteur Will Smith

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